L'école Buissonnière est une école privée d'Outremont. Outremont est un des quartiers les plus favorisés de Montréal, situé en arrière, comme disent les québécois, du Mont Royal. Cette richesse est vite apparente, archictecturalement parlant, car nous avons à faire à des maisons individuelles en pierre, avec jardins et balcons, non plus aux immeubles ou aux corons du bas-plateau, qui sont la règle dans les autres parties francophones de Montréal. Nous sommes en effet toujours à l'est du St Laurent, donc dans la partie francophone. Ce quartier était habité autrefois majoritairement par des riches marchands français, ainsi que par une forte communauté juive (banquiers, marchands, prêteurs sur gages...). Et, aujourd'hui, c'est toujours un quartier résidentiel de l'élite des milieux financiers, libéraux et artistiques.
Le Québec suivant le modèle anglo-saxon de l'administration de l'éducation (le directeur est un supérieur hiérarchique, les enseignants sont des employés recrutés sur entretien, etc.), les écoles privées sont très nombreuses au Québec, mais, contrairement au reste du Canada les écoles privées québécoises sont en partie financées par l'état québécois qui garde donc un contrôle sur elles au niveau des programmes et de l'enseignement.
Lors de la récréation, les enseignants de l'école s'attachent immédiatement à nous affirmer que peu de ces écoles privées sont confessionnelles, contrairement à la France nous leur apprenons-nous où les écoles privées sont en majorité confessionnelles. La séparation de l'église et de l'état, dont une des conséquences est la laïcisation de l'enseignement, désormais aux mains des laïcs et non plus des religieux, remonte à la Révolution tranquille des années 1960 au Québec et cette séparation est en effet considérée comme un des 3 piliers de la nation québécoise. Les québécois y sont très attachés, malgré le maintien d'un cours dit d'éthique et de religion (souvent catholique, mais ce n'est plus le catéchisme de jadis, seulement une présentation, et, dans le meilleur des cas, une présentation des religions) et la présence ici et là de foulards, y compris chez les employés des écoles (comme vu dans les quartiers plus défavorisés de Longueil), qui ferait bondir le premier directeur d'école français venu.
Quant à l'école Buissonnière (260 élèves en primaire, et 140 élèves en préscolaire, c'est-à-dire en maternelle), sa spécificité est l'enseignement soutenu des 4 arts : théâtre, arts plastiques, danse et musique (avec une initiation aux 3 derniers arts seulement au préscolaire). Cet enseignement est le fait de professeurs spécialistes auxquels l'enseignant généraliste confie entièrement sa classe, ici à l'école Buissonnière en demi-groupe, selon ce que nous avons pu observer (une moitié de la classe, dite "groupe A", va en salle de danse, l'autre moitié, dite "groupe B" va en salle de musique), ce qui favorise d'autant l'approfondissement de l'enseignement des arts (et simplifie la gestion au niveau matériel).
Les arts sont également unifiés, année par année par un thème, historique, afin de concorder avec un enseignement de l'histoire des arts. Ainsi, le thème unificateur des premières années (l'équivalent de notre CP), nous apprit une enseignante, était l'Antiquité. Pour les deuxièmes années (l'équivalent de notre CE1), ce sera le Moyen-Âge, etc. Et, cette année, c'était l'antiquité égyptienne qui était à l'honneur, d'après les réalisations de sarcophages très colorés, exposés dans les couloirs, et d'après la capsule (séance) de danse que nous avons pu observer en 2ième période (de 9h25 à 10h25).
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